Institutions

Stockage du carbone : l’important, c’est l’apport !

© IRD/Eric Blanchart Semis direct sous couverture végétale - ici culture de haricot sur résidus de riz - , deux des piliers de l'agriculture de conservation

Après 15 ans de pratiques dans l’esprit de l’agriculture climato-intelligente à Madagascar, les chercheurs sont formels : ces méthodes permettent d’augmenter le stockage du carbone du sol avec une grande variabilité. Il faut donc raisonner à l’échelle du territoire.

Assurer la sécurité alimentaire ; adapter les méthodes aux changements climatiques et atténuer l’effet de serre : tels sont les trois objectifs de l’agriculture climato-intelligente, ou Climate Smart Agriculture (CSA), en anglais.

Pour y parvenir, différentes pratiques agricoles se côtoient, et toutes ne donnent pas les mêmes résultats. C’est la conclusion du travail de synthèse effectué par Tantely Razafimbelo, au Laboratoire des RadioIsotopes, à Antananarivo, et Alain Albrecht, de l’unité Eco&Sols de l’IRD, sur diverses expérimentations mises en œuvre à Madagascar.

Une agriculture innovante

« Au départ, l’esprit de la Smart Agriculture– le concept initial – était assez simple : il s’inspirait de la notion de smartphone, smartcar et se voulait une agriculture connectée, innovante afin d’aider les agriculteurs , rappelle Alain Albrecht. Rapidement, elle a intégré la réalité des changements climatiques et de sa nécessaire adaptation, pour devenir la Climate Smart Agriculture. » Pratiquer une agriculture plus productive qui s’adapte aux changements climatiques tout en étant pourvoyeuse de puits de carbone dans le paysage constituent donc les deux versants de la CSA.

Les puits de carbone ? Des zones qui stockent du carbone dans le sol. Cette séquestration du carbone atmosphérique, via la photosynthèse puis la décomposition des végétaux, est en effet une des façons de contribuer à atténuer l’effet de serre.

Différentes pratiques agricoles

En ce sens, depuis 15 ans, en lien avec des ONG et des instituts de recherche, dont l’IRD, les agriculteurs malgaches testent différentes pratiques : l’agriculture de conservation, qui se base sur une réduction du travail du sol, une couverture permanente de ce dernier pour diminuer l’érosion et des rotations diversifiées, l’agroforesterie, qui consiste à associer des arbres aux cultures et le recours aux amendements organiques, qu’il s’agisse de fumier ou de compost.

Pour savoir quelle est la plus efficace pour améliorer la séquestration du carbone, les chercheurs ont eu recours à deux approches : comparaison du stock de carbone avec celui d’une parcelle gérée de façon conventionnelle ; et comparaison entre le stock à la mise en place du dispositif et au bout de x années.

Raisonner à l’échelle du paysage

Les résultats indiquent une forte variabilité : la différence de stock pour l’agriculture de conservation va de 0 à 1,82 Mg C/ha/an (mégagramme (tonne) de carbone par hectare et par an), tandis qu’en agroforesterie, l’écart avec la culture sur brûlis est de 0,68 Mg C/ha/an et que l’utilisation d’apports organique induit des augmentations de 0,16, 0,81 et 0,42 Mg C/ha/an.

« Finalement, ce qui importe, c’est l’apport en matière organique : plus il y en a, plus le sol pourra stocker de carbone, explique Alain Albrecht. Se pose alors la question de la disponibilité des ressources. Si l’on souhaite augmenter l’apport en fumier, par exemple, il faut accroître sa production et donc l’élevage. Ce qui nécessite de renforcer la culture du fourrage… Il faut alors raisonner à l’échelle du paysage, du territoire car une seule exploitation agricole ne contient pas nécessairement toutes les ressources ! »

Pour Alain Albrecht, cette dimension spatiale offre également l’intérêt de travailler avec de nouveaux partenaires : associations de producteurs, structures régionales… et renoue avec l’aspect co-constructif et participatif de la recherche sur l’agriculture climato-intelligente.

Ce texte est un communiqué de presse de l'IRD

Référence : T. M. Razafimbelo et al., Cahiers Agricultures , 27, doi : 10.1051/cagri/2018017, 2018

A propos

Afriscitech, toute la science dans toute l'Afrique.

Suivez l'actualité de la recherche scientifique et technologique en Afrique et par les africains.

Qui nous sommes

Afriscitech.com est édité par Coopetic.

- Luc Allemand, rédacteur-en-chef

Paramétrages de cookies

×

Cookies fonctionnels

Ce site utilise des cookies pour assurer son bon fonctionnement, qui ne peuvent pas être désactivés de nos systèmes. Nous ne les utilisons pas à des fins publicitaires. Si ces cookies sont bloqués, certaines parties du site ne pourront pas fonctionner.

Mesure d'audience

Ce site utilise des cookies de mesure et d’analyse d’audience, tels que Google Analytics et Google Ads, afin d’évaluer et d’améliorer notre site internet.

Contenus interactifs

Ce site utilise des composants tiers, tels que ReCAPTCHA, Google Maps, MailChimp ou Calameo, qui peuvent déposer des cookies sur votre machine. Si vous décider de bloquer un composant, le contenu ne s’affichera pas

Réseaux sociaux/Vidéos

Des plug-ins de réseaux sociaux et de vidéos, qui exploitent des cookies, sont présents sur ce site web. Ils permettent d’améliorer la convivialité et la promotion du site grâce à différentes interactions sociales.

Autres cookies

Ce CMS Joomla utilise un certain nombre de cookies pour gérer par exemple les sessions utilisateurs.

Search