Jeunes chercheurs

Salma Sylla : « Je veux enseigner l’astrophysique au Sénégal »

Qui êtes-vous ?

Je suis Salma Sylla Mbaye, je suis doctorante en astrophysique. Actuellement je suis à l’université d’Anvers pour la première année de mon doctorat. Mon background est la physique atomique et nucléaire, où j’ai obtenu un diplôme d’études approfondies, à l’Institut de technologie nucléaire appliquée, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour mon doctorat, je travaille sur les collisions sur Jupiter. Le but de cette étude, c’est d’estimer l’âge du système solaire externe. Pour ce doctorat, on a la collaboration entre le Sénégal, l’université d’Anvers en Belgique, l’université Cadi Ayyad du Maroc et l’université de Toulouse. Comme soutien pour ce doctorat, j’ai une bourse de la fondation Father Louis Bruyns, en Belgique, et aussi une bourse de l’organisation qui assiste les femmes dans les pays sous-développés, Organization for Women in Science for the Developping World.

Comment êtes-vous devenue astrophysicienne ?

Je suis très passionnée par la science. Depuis mon cycle secondaire, j’étais très intéressée par l’astrophysique. Mais après mon bac, il n’y avait pas d’astrophysique dans notre université. J’ai choisi de faire des études en physique et chimie. Après ma maîtrise, j’ai pu faire des études en physique atomique et nucléaire. Durant mes études en physique atomique et nucléaire, j’ai eu l’opportunité de participer à une conférence internationale. À l’issue de cette conférence, il y avait plusieurs astrophysiciens, dont le professeur Katrien Kolenberg, de Belgique, qui est actuellement mon superviseur à l’université d’Anvers. Ce meeting a été très décisif dans ma vie actuelle. C’est une opportunité qui en apporte une autre. Durant cette même année, j’ai aussi eu l’opportunité d’assister à un autre meeting à Ouagadougou, où il y avait plusieurs astrophysiciens aussi, parce que c’était un meeting en rapport avec l’astronomie. Et là-bas, j’ai pu témoigner de la fondation de la Société Africaine d’Astronomie. Et j’ai eu aussi l’opportunité de candidater à une bourse pour aller en France pour faire un stage au Commissariat à l’Énergie Atomique, à Saclay. Après cela je suis retournée au Sénégal, dans l’optique de poursuivre des recherches en science, mais le chemin n’a pas été toujours facile.

Quelles ont été les difficultés ?

J’ai eu mon diplôme d’études approfondies en 2011, et c’est seulement en 2017 que j’ai pu commencer mon doctorat. Donc le chemin n’était pas vraiment évident. Entre temps, comme j’avais eu aussi un diplôme d’ingénieur en informatique, j’ai pu travailler dans le domaine de l’informatique, et quand j’ai trouvé l’oportunité de revenir pour faire un doctorat, je suis revenue. Et je peux même dire comment cette opportunité est venue. Comme je continuais à suivre des conférences dans le domaine de la science, en 2016, j’avais assisté à une conférence en astronomie, qui était organisée par l’Association Sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie, et par un chercheur français qui travaillait à l’Institut de Recherche pour le Développement au Sénégal. Durant ce meeting, j’ai appris qu’il y avait la possibilité de candidater pour un doctorat et j’en ai parlé avec mon encadreur local, Ababacar Sadikh Ndao, qui a soutenu cette idée. De là, je suis revenue pour faire mon doctorat en science. Et maintenant je suis dans la science pour toujours.

Qu’avez-vous l’intention de faire après votre thèse ?

Mes objectifs après mon diplôme de doctorat, c’est surtout d’introduire l’astronomie au Sénégal. Enseigner l’astrophysique à l’université. Établir des coopérations avec la Belgique, la France, et un peu partout dans le monde pour faire émerger l’astrophysique au Sénégal. Je souhaiterais aussi travailler avec l’office de développement pour l’astronomie, et aussi l’organisation qui motive les pays africains à collaborer pour faire émerger l’astronomie en Afrique. C’est l’Initiative Africaine pour les Sciences Planétaires, qui est dirigée par un de mes soutiens, David Baratoux. Dans le cadre de cette organisation j’aimerais faire de la vulgarisation de l’astronomie, en allant dans les écoles pour faire une introduction de l’astronomie pour que les enfants, dès l’école primaire, sachent que cette science existe et c’est vraiment important que le Sénégal soit impliqué dans cette recherche.

Pourquoi le développement de l’astronomie est-il important pour le Sénégal ?

Le Sénégal a son mot à dire dans les sciences en astrophysique. La preuve en est que actuellement, il y a une forte équipe de la NASA, l’équipe qui avait supervisé la sonde autour de l’ex-planète Pluton. Et pourquoi cette équipe est-elle actuellement au Sénégal ? Parce qu’il y a un événement très important en astronomie, c’est une occultation qu’on appelle l’ocultation MU69, qui va être visible dans la nuit du 3 au 4 août prochains, et cet événement n’est visible que dans deux pays du monde, dont le Sénégal. Donc le Sénégal a tout le besoin de s’impliquer dans la science en astronomie pour pouvoir apporter sa touche, d’une façon globale.

Propos recueillis par Jean-Bruno Tagne

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