Le cancer serait une maladie réservée aux pays du nord : l’idée est répandue dans beaucoup de pays africains. Pour lutter contre ce préjugé, et attirer l'attention sur le problème du cancer en Afrique, l'Alliance des ligues francophones Africaines et Méditerranéennes contre le cancer était présente à Paris pour le Congrès mondial contre le cancer.

Au milieu du Congrès mondial contre le cancer à Paris, entre un stand réservé à la recherche européenne et l’espace de la fondation ARC pour la recherche contre le cancer, plusieurs médecins s’activent. Parmi eux, Mark Keller enchaîne les poignées de main, les présentations et les discussions dans son rôle de coordinateur de l’Alliance des ligues francophones Africaines et Méditerranéennes contre le cancer (Aliam).

Quand certains pays comme le Brésil, le Mexique, la Chine, ont chacun un espace « national », l’Aliam, est la seule organisation associant les ligues et associations contre le cancer d’un même continent (à l'exception notable de l’Union Européenne). Avec sa présence à Paris, l’Alliance veut montrer que l’Afrique est autant dans le besoin que les autres en ce qui concerne la recherche contre le cancer.

« Il y a un problème de pauvreté. L’État n’a pas privilégié la lutte contre le cancer. La prévention est encore primaire et nous n’avons pas de ressources humaines suffisantes » déplore Constantine Secongo, présidente de l’association Hope Life en Côte d’Ivoire. Même tonalité chez le secrétaire général de la Ligue Sénégalaise contre le Cancer, Mamadou Mansour Niang : « Nous n’avons pas les meilleurs traitements. Il nous faut des molécules efficaces, et moins coûteuses. Actuellement un traitement coûte 2 millions de francs CFA, quand le salaire minimum est de 70 000 par mois. »

« Chacun fait ce qu’il peut »

Ali Garandi Adoum membre de l’Action Tchadienne contre le Cancer va plus loin. « Il serait facile de faire baisser la mortalité du cancer, explique-t-il, si l’État finançait une meilleure prévention et la vaccination de façon plus généralisée, notamment pour le cancer du col de l’utérus. »

Mais pour autant, les membres de l’Aliam n'attaquent pas gratuitement les différents gouvernements africains. « Chacun fait ce qu’il peut, avoue Mamadou Mansour Niang, la priorité des gouvernements était de stabiliser le Sida et le paludisme. Mais maintenant que c’est fait, il faut que cela change. »

La création de l’Aliam en 2009 va donc dans ce sens. « L’Aliam, c’est un début, une première marche. Il faut que tous les pays africains s’entraident pour lutter contre le cancer » avance Ali Garandi Adoum. Une manière de convaincre les non-francophones de rejoindre le combat commun contre le cancer sur le continent.

Anthony Audureau